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Jean CHOISEL


L'AVENIR

 

 

DE NOTRE

 

 

ÉVOLUTION

 

 

RELIGION ET SCIENCE

 

LA VOIE QUI MÈNE VERS L'UNITÉ

 

«Ce n'est pas la possession de la Vérité, ce à quoi nul ne parvient ni ne peut espérer parvenir, mais c'est l'effort sincère vers la Vérité qui fait la valeur de l'homme. Car ce n'est point par la possession, mais par l'effort de la recherche que ses forces se développent.»

-  LESSING -  («Nathan le Sage»). -


 

L'IMPORTANCE DE VATICAN II

 

Le jeudi 11 Octobre 1962 s'ouvrit à Rome, en la Basilique Saint-Pierre, le 21ème Congrès œcuménique de l'Église catholique romaine. Lorsque, le 25 janvier 1959, à la suite d'une vision, le pape avait publiquement déclaré que la nécessité de réunir un concile lui était apparue, le monde avait d'abord été plongé dans l'étonnement. Ce pape déjà âgé, dont on chuchotait qu'il serait surtout un «pape de transition», prenait subitement une décision parmi les plus graves qu'un souverain pontife soit appelé à prendre.

À la réflexion, cependant, cette décision parut non seulement sage à beaucoup de Chrétiens véritables, mais même indispensable. Car parmi ces Chrétiens fervents et convaincus, appartenant à tous les niveaux de la hiérarchie, nombreux sont ceux qui éprouvaient que de profondes réformes étaient devenu nécessaires pour adapter la formulation des vérités enseignées par l'Église, pour rajeunir et revigorer l'enseignement qu'elle dispense au monde contemporain, plus encore que pour moderniser ses structures et l'organisation sur laquelle elle est fondée.

L'annonce du Concile promulguée, très rapidement, partant de la masse même des Chrétiens, de la base de l'Église plutôt que du sommet de sa hiérarchie, une tendance profonde s'exprima. Un fort courant se dessina, une sorte de poussée, d'aspiration, partie de l'ensemble des masses chrétiennes et pas seulement des catholiques romains, une demande générale, un véritable besoin se fit jour: ce Concile devait devenir celui de la «réunification des églises chrétiennes», afin que le monde chrétien soit «Un», comme le Christ l'avait jadis recommandé. La Chrétienté toute entière se mit à prier pour l'Unité.

Très tôt également, devant cette puissante aspiration l'autorité romaine donna à entendre que le concile serait une première étape vers l'unité des Chrétiens, mais qu'il ne fallait guère s'attendre à ce que le but final soit atteint dès la fin des délibérations conciliaires.

Dans les sommets romains de la hiérarchie on interpréta cette aspiration des foules chrétiennes vers l'unité comme un besoin de cohésion face au bloc marxiste-léniniste ou encore, et plus simplement, on y vit une réaction en face de l'agnosticisme contemporain. En Espagne également et dans plusieurs autres pays fortement soumis à l'autorité des clergés locaux, les dirigeants des églises nationales virent dans cette profonde tendance générale vers l'unité des Chrétiens une forme d'opposition à l'extension de plus en plus envahissante du matérialisme athée.

Mieux renseignés, les clergés de différents pays comme la France, l'Allemagne, la Hollande, le Canada, ne s'y trompèrent point. En particulier, depuis la séparation de l'Église et de l'État, les préoccupations du clergé de France sont souvent devenues d'ordre plus pastoral que politique. Aussi  le contact des autorités ecclésiastiques avec les chrétiens pratiquants, par l'intermédiaire du clergé séculier, est-il resté plus étroit. La compréhension de l'évolution profonde des esprits - évolution due surtout aux énormes transformations du monde contemporain - est plus subtilement ressentie par le clergé français, et par celui des pays précédemment nommés, que par leurs homologues dans bien d'autres pays.

C'est ainsi qu'un bon nombre de prêtres de France, et en particulier ceux qui sont placés à des postes où ils assument des responsabilités, ont parfaitement compris que cette profonde poussée chrétienne n'exprime pas tant un besoin d'union dans le but de faire corps par crainte du matérialisme athée - si puissant qu'il soit, politiquement parlant - mais ils ont compris que cette poussée de la base exprime bien davantage une aspiration imprécise, mais ferme, vers une rénovation dans l'enseignement, dans la formulation des dogmes et de la Vérité.

Tous les vrais Chrétiens, quelle que soit leur obédience religieuse, sont aujourd'hui semblables à un être humain qui, ayant atteint sa majorité, dirait à ses éducateurs avec une grande intensité dramatique: «Mais je ne suis plus un enfant! Pourquoi ne m'expliquez-vous pas la Vérité telle qu'elle est? Pourquoi persistez-vous à m'en parler avec les mêmes mots que vous utilisiez lorsque j'avais cinq ans?».

Car, en effet, le monde chrétien est devenu adulte et on continue de lui enseigner sa foi comme il y a vingt siècles. Les sciences matérielles ont fait et continuent de faire des progrès fantastiques, tandis que les connaissances spirituelles se sont pétrifiées dans la lettre, si bien qu'elles sont débordées de toute part par des connaissances qu'elles ne peuvent plus assimiler. Et c'est cela, précisément, qui est cause de l'extension croissante du matérialisme.

Voilà la véritable raison pour laquelle le deuxième concile du Vatican a soulevé cet immense intérêt, suscité une telle attente, une telle somme d'espoir dans le cœur de tous les Chrétiens authentiques, quels qu'ils soient et d'où qu'ils viennent. Chaque croyant, non définitivement mort à la vie de l'esprit, aspire de toutes ses forces à la clarté. Il désire ardemment et inconsciemment  que ses convictions spirituelles puissent être formulées avec autant de précision et de logique que ses convictions intellectuelles. Car ce qu'on lui a enseigné jusqu'à ce jour ne permet malheureusement pas cet accord parfait, cette harmonie totale entre son intelligence, son cœur et son esprit.

Alors il lève le regard vers ces hauts dignitaires qui ont la charge de millions d'âmes. «Ils vont se réunir, pense-t-il, ils vont en débattre et vont nous expliquer la signification vraie des symboles. Ils vont nous montrer la Vérité dans sa forme véritable, car ils la connaissent sûrement puisqu'ils sont les représentants de Dieu sur la Terre. Et alors, en reconnaissant la Vérité, nous deviendrons libres. Car le Christ l'a dit: «La Vérité vous affranchira! Allez et enseignez toutes les nations!» .

Depuis qu'elle a pu mesurer l'intérêt passionné qu'a fait naître chez de nombreux Chrétiens (et même chez des non-Chrétiens) l'œuvre du savant jésuite, le Père Teilhard de Chardin, l'Église de France, plus qu'une autre peut-être et à la tête des autres, a compris cette soif de vérité, et elle lutte de toutes ses forces pour que soient satisfaites les exigences spirituelles et intellectuelles profondes des Chrétiens devenus adultes.

L'Église de France sait que si la clarté - cette clarté que seule la Vérité totale peut dispenser - si la lumière ne peut être faite, la désaffection déjà si profonde de la Foi chrétienne ne cessera de croître et qu'aucune mesure ne sera plus capable de l'arrêter. Dans cette lutte qu'elle mène contre des mentalités dépassées, contre un immobilisme moyenâgeux s'opposant à toute évolution spirituelle, l'Église de France et celles de quelques autres pays portent l'espoir des millions de Chrétiens qui veulent s'affranchir de l'étreinte étroite de la lettre pour déboucher dans la lumière de la Vérité.


LA LOINTAINE UNITÉ

Essayons maintenant de discerner sur quelles bases l'Unité des Chrétiens pourrait un jour se réaliser.

De même que tous les fidèles des grandes religions monothéistes de la Terre professent leur foi en un Dieu unique, de même tous les croyants admettent aujourd'hui qu'il ne peut exister qu'une seule et même Vérité. L'unanimité ne devient difficile - sinon impossible - que lorsqu'il s'agit d'abord de définir ce qu'est la Vérité, et ensuite, dans quels livres ou dans quels enseignements on en trouve la plus parfaite formulation.

Chaque grand groupe ethnique humain ayant eu son ou ses prophètes, chacun affirme avec fermeté posséder seul l'enseignement authentique de la Vérité. C'est ainsi que les Musulmans ne jurent que sur le Coran; les Hindous ne reconnaissent que leurs traditions védantiques; les Taoïstes n'appliquent que l'enseignement de Lao-Tseu et les Occidentaux dont, pour la plupart, les convictions ont des sources judéo-chrétiennes, ne reconnaissent que la Bible comme seule origine de toute Vérité.

Pour plus de clarté, il nous faut encore reconnaître que les Chrétiens se sont en outre divisés en deux grandes catégories générales: Dans la première de ces grandes catégories se trouvent les Chrétiens qui, tout en reconnaissant dans la Bible «la Parole de Dieu», complètent l'enseignement qui s'y trouve révélé par les explications transmises par leurs Traditions.

Ces Chrétiens-là sont les Catholiques romains, (instigateurs du concile) les Orthodoxes grecs, l'Église Orthodoxe russe, toute la série des Églises Orientales (chacune ayant son chef particulier) et aussi toute la série des églises plus ou moins autonomes comme les Vieux Catholiques, l'Église Catholique libérale, l'Église Catholique gallicane, l'Église Catholique primitive, etc. En tout, une bonne quinzaine d'églises catholiques différentes.

Dans la deuxième grande catégorie se trouvent les Chrétiens qui se sont séparés de la catholicité à l'époque de la Réforme, séparation qui a entraîné par la suite - et qui continue d'entraîner de nos jours encore - une multitude de divisions, de subdivisions, de sectes, de groupuscules, etc.

Ne nommons pour mémoire que quelques-unes des plus importantes de ces divisions: À l'origine se trouve l'Église Luthérienne qui, au départ déjà, se distingua des Calvinistes. C'est d'elle que sont sortis les Anglicans, puis les Baptistes, les Adventistes, les Pentecôtistes. Chacune de ces assemblées se subdivisant elle-même en un très grand nombre de sectes et de sous-sectes dont le total doit atteindre au moins 400 mouvements différents, puisque, rien que parmi les habitants de race blanche des seuls États-Unis, on peut déjà compter 343 sectes différentes.

La revendication fondamentale de tous les Chrétiens appartenant à cette deuxième grande catégorie se résume dans cette phrase que j'extrais d'une lettre qui me fut adressée: «Pour moi, écrivait ma correspondante, seule la Parole de Dieu, révélée par son Esprit dans la Bible, est la Vérité absolue». Autrement dit, pour tous ces Chrétiens, il n'y a qu'une seule et unique source de la Vérité: «La Bible et rien que la Bible!».

«Alors serait-on tenté de leur demander, puisqu'il n'y a qu'une seule et unique Vérité et puisque vous êtes tous d'accord sur ce point, pourquoi êtes-vous donc si divisés? Précisément vous qui ne croyez qu'en une seule et unique Bible, comment avez-vous donc fait pour éclater ainsi en une multitude de sectes et de groupements plus ou moins antagonistes?»

Les réponses qui me furent toujours données par les adeptes des églises ou des sectes les plus diverses se résument en cette phrase: «L'interprétation des Écritures par les fidèles des autres églises n'est pas conforme au texte biblique, pris dans son sens le plus littéral».

- «Mais qu'est-ce qui vous prouve, ai-je souvent rétorqué, que votre interprétation à vous est la seule bonne?»

Suivent alors des explications longues ou courtes, savantes ou absurdes, simples (voire simplistes) ou embrouillées, péremptoires souvent et toujours en contradiction avec celles de ceux qui ne pensent pas comme eux. Partout et toujours on rencontre la même image de Chrétiens divisés sur la forme et souvent sur le fond; de Chrétiens ardents à exposer leurs convictions et cherchant à gagner des adeptes à leur cause; de Chrétiens seuls détenteurs du Salut qu'ils offrent à ceux qui embrassent leur foi; de Chrétiens AVEUGLES qui se refusent à voir la réalité - Oui! LA RÉALITÉ! La simple réalité naturelle ... de Chrétiens qui se refusent à considérer LA NATURE qui, elle aussi, pourtant, est née de la Volonté parfaite de Celui qui la créa.

Qui donc, sinon Dieu, pourrait être l'Auteur de cette merveille qu'est le cosmos? Qui donc est l'auteur des lois immuables et unitaires qui le régissent? La Nature créée, le monde des espèces vivantes n'expriment-ils pas clairement la Volonté de leur Créateur, son ingéniosité, (modèle de la nôtre) son astuce même, son adresse, sa Sagesse, son Amour de la Vie et sa Justice?

Si la Bible est la «Parole de Dieu» - ce à quoi nous voulons bien souscrire entièrement - la Nature n'est-elle pas le fruit de ses Actes? Or, comment la Parole de Dieu - donc la Bible - pourrait-elle être en contradiction avec les Actes de Dieu, c'est-à-dire la Nature?

D'autant plus que tous les Chrétiens reconnaissent que la Nature fut créée par le Verbe Divin, autrement dit, par la Parole. Chaque Chrétien connaît les phrases célèbres sur lesquelles s'ouvre l'Évangile de Jean: «Au commencement était la Parole et la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par Elle et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans Elle».

Si la Parole était Dieu, comme dit l'évangéliste, comme Dieu elle est donc parfaite. Étant parfaite, il ne peut émaner d'Elle que Perfection. Or, puisque « tout a été fait par Elle et que rien de ce qui a été fait n'a été fait sans Elle » , non seulement les mondes célestes que nous ne pouvons pas voir, mais aussi les mondes cosmiques que nous pouvons voir ont été créés par Elle.

Ce qui revient à dire que, non seulement les mondes transcendantaux (Note de l'éditeur: Selon notre compréhension, là où il est question de « mondes transcendantaux» il serait plus juste de simplement parler de «mondes transcendants») que nous ne pouvons pas voir ont été faits par Elle, mais aussi les mondes immanents, cosmiques et terrestre, que nous pouvons voir, toucher, sentir, peser, mesurer et étudier, sont en définitive émanés de cette Perfection.

L'ensemble des mondes créés constitue ainsi ce que nous nommons la Nature; autrement dit, la Création tout entière est naturelle. Aussi faut-il absolument que nous perdions l'habitude de considérer que ce qui nous est invisible nous est également incompréhensible et contraire à la Nature. Car tout est réel, naturel et existant, y compris les plans transcendantaux (idem, voir note précédente) où nous situons l'au-delà, de même que le Paradis qui est encore bien plus éloigné de notre actuel séjour terrestre.

Malheureusement, jusqu'à nos jours, aucun croyant, aucun Chrétien ne semble avoir réfléchi posément au fait que, à cause de cette Perfection de l'Amour du Créateur, ses convictions religieuses ne peuvent et ne doivent en aucun cas être en contradiction avec la réalité naturelle, puisque la Parole biblique - domaine de la Foi - et la Nature - domaine de l'observation scientifique - sont l'une et l'autre issues des mêmes actes parfaits du seul, unique et parfait Créateur.

Même les miracles, en effet, comme nous le verrons plus loin, s'accomplissent toujours dans le cadre des lois naturelles instaurées par la Volonté parfaite - donc non-modifiable - du Créateur. Nous ne parlons, bien entendu, ici que des miracles authentiques et non pas des faux miracles que les légendes, les erreurs ou même les mensonges ont fabriqués.

Dans les vrais miracles entrent en jeu des forces supraterrestres, autrement dit des forces psychiques, spirituelles ou, quelques fois, divines. Mais en aucun cas ces forces ne devraient être considérées comme «surnaturelles», tout étant naturel dans la Création de Dieu. C'est pourquoi le terme «surnaturel», forgé par les hommes, ne devrait même pas exister. Dans son vrai sens, il signifie seulement «supraterrestre».

Vu sous cet angle, que d'impossibilités ne rencontrons-nous pas dans les enseignements religieux! Que d'articles de foi sont en opposition formelle avec ces lois naturelles qui manifestent à l'évidence la Volonté du Créateur de la Nature.

C'est précisément de l'imperfection des conceptions religieuses des croyants que proviennent les exégèses dissemblables, les querelles qui en naquirent, les haines qui s'ensuivirent, les meurtres qui en découlèrent et les guerres qui, finalement, virent se dresser les uns contre les autres ces Chrétiens aveugles qui s'entre-déchirèrent au Nom de Celui qui leur avait enjoint de s'aimer les uns les autres!

Folle humanité qui vit au sein même de la Vérité naturelle, mais qui persiste à vouloir s'en faire à tout prix une image conforme à ses désirs personnels, à sa volonté tenace d'avoir toujours raison, même contre l'évidence, même contre Dieu!

L'unité des Chrétiens est et demeurera impossible aussi longtemps qu'ils n'en reviendront pas délibérément aux deux sources de la connaissance de la Vérité qui sont la Parole et la Nature. Parce que c'est la Parole qui créa la Nature et que, par conséquent, il ne peut y avoir d'opposition entre elles.

En réalité, nous sommes tous plongés au sein de la Vérité et de la réalité. Elle est autour de nous, au-dessus comme en dessous de nous et même au dedans de nous. Les hommes peuvent se représenter - et se représentent effectivement - la Vérité de multiples manières et de façon contradictoire. Mais la Vérité elle-même est unique et indépendante de tous les êtres humains. Tous les hommes, par contre, en sont dépendants.

C'est pourquoi il est indispensable qu'ils fassent l'effort de la reconnaître, agissante au sein de l'univers cosmique dans lequel ils sont plongés, en sorte que, en mettant la connaissance acquise en pratique dans leur vie quotidienne, ils parviennent finalement au terme de leur évolution spirituelle.

Certes, la Vérité est enseignée dans la Bible, comme elle l'est aussi, bien que sous des formulations entièrement différentes, dans les textes sacrés des grandes religions de la Terre. Mais ces textes saints avaient pour mission d'apporter aux divers peuples du monde une image symbolique de la Vérité, une image appropriée au degré d'évolution atteint par les peuples à qui elle était offerte.

Les textes sacrés des grandes religions humaines sont les livres d'images que le Créateur offrit à l'humanité dans son enfance, pour lui apprendre à reconnaître le monde dans lequel elle vit.

Ces belles images symboliques représentent les lois et les processus réels, tels qu'ils s'accomplissent effectivement et immuablement dans la Création, conformément à la Volonté créatrice de l'Éternel. Mais c'est précisément parce que ces symboles sont conformes à la réalité qu'ils ne peuvent ni ne doivent être interprétés de façon diamétralement opposée aux lois naturelles, telles que nous pouvons le constater aujourd'hui comme hier.

Si nous nous appliquons à fonder toutes nos convictions religieuses sur les lois naturelles qui, comme la Bible, sont l'expression vivante de la Volonté du créateur de la Nature, nous découvrirons bientôt une image du monde extraordinairement cohérente, une logique immuable dans les événements et enfin, et surtout, pour la première fois, nos convictions religieuses et spirituelles cesseront d'être en opposition avec nos convictions scientifiques et intellectuelles.

La science, en effet, trouve ses fondements et l'objet de son étude dans la Nature créée visible. La Religion trouve les siens dans la Nature créée invisible, qui fait suite à la Nature visible (en considérant l'univers de bas en haut). Comment ces deux aspects d'une seule et même Nature, issus d'une seule et même Volonté créatrice, pourraient-ils donc être en contradiction l'un avec l'autre?

Aujourd'hui, l'humanité est parvenue à un stade de son évolution où elle doit devenir plus consciente de la Vérité et de la Réalité qu'elle ne le fut jamais dans le passé. C'est alors que de nombreux chercheurs reconnaîtront subitement que le symbolisme biblique, dont la formulation leur paraît encore si étrange dans sa simplicité archaïque, ne leur explique en vérité rien d'autre que la connaissance des prodigieuses lois de la Nature, qu'ils cherchent délibérément à reconnaître dans toute leur clarté.

Le bandeau tombera alors de leurs yeux et ces hommes reconnaîtront avec émotion et stupéfaction qu'ils n'avaient jusqu'alors rejeté les antiques révélations que parce qu'ils les avaient mal interprétées et que parce qu'ils n'avaient jamais cherché sérieusement à les mettre en accord avec leurs modes de penser actuels.

De même que nous ne nous adressons pas à un enfant de cinq ans dans les mêmes termes que nous employons dans nos conversations entre adultes, ainsi Dieu n'adressa-t-Il point Sa Parole aux êtres humains encore dans l'enfance de leur évolution, dans les mêmes termes qu'Il le ferait aujourd'hui si une nouvelle Révélation était nécessaire.

Certes, il n'existe pas d'erreurs, pas de contradictions dans la Parole de Dieu telle qu'Il la fit transmettre aux hommes par Ses prophètes, Ses inspirés et surtout par Son messager le Christ-Jésus. Mais, parce que les hommes n'étaient pas encore mûrs pour saisir la Vérité dans sa forme cosmique réelle, Il la leur fit décrire en images, en paraboles, en symboles qui correspondent approximativement aux faits réels dont les hommes ont besoin d'acquérir au moins la notion.

Aujourd'hui, cependant, vingt siècles après la venue du Christ, c'est encore sous cette forme symbolique que les églises continuent d'enseigner les Vérités christiques aux Chrétiens devenus adultes, au lieu de mettre clairement cartes sur table.


RETOUR AUX SOURCES DE LA CONNAISSANCE DE LA VÉRITÉ

Jusqu'à ce jour, une moitié des Chrétiens (les Chrétiens dits séparés) n'a reconnu qu'une seule source à la Révélation: la Bible, la Parole de Dieu.

L'autre moitié des Chrétiens, la catholicité, reconnaît deux sources à la Révélation: la Parole de Dieu et la Tradition.

Dans l'ère nouvelle qui s'ouvre maintenant devant nous, tous les Chrétiens vont devoir reconnaître enfin, sous la contrainte des événements, la troisième authentique source de la connaissance de la Vérité, source également issue de Dieu: la Nature. Autrement dit, au «Grand livre des Écritures» on va devoir maintenant ajouter le «Grand Livre de la Nature» et l'on constatera, de gré ou de force, que ces deux Livres ne sont pas et ne peuvent être en contradiction l'un avec l'autre, parce qu'ils ont la même Origine.

C'est la connaissance jusqu'ici incomplète des sources de la Vérité qui laissa place à toutes les interprétations et, partant, à tous les conflits. Car une connaissance fragmentaire ne peut susciter l'unanimité.

Il déplaira sans doute à plus d'un croyant que la Bible qu'il considère à juste raison comme étant la Parole de Dieu, c'est-à-dire comme reflétant Sa Perfection absolue, soit ainsi présentée comme une œuvre non point absolument définitive, mais au contraire comme un enseignement adapté aux possibilités de compréhension relative des peuples à qui elle fut apportée.

La preuve de la justesse de cette affirmation se trouve cependant dans la Bible elle-même. Par exemple la morale biblique primitive acceptait la polygamie. La Loi mosaïque tolérait l'esclavage; ses lois répondaient à la violence par la violence. («œil pour œil, dent pour dent»). Toutes choses que la morale chrétienne, plus évoluée, réprouve actuellement. Ainsi l'éthique mosaïque, valable en son temps, se trouve être aujourd'hui, grâce à l'Enseignement du Christ, non pas reconnue fausse, mais dépassée et exhaussée.

La vision humaine des valeurs, même des valeurs morales, varie ainsi suivant le degré d'évolution spirituelle atteint par l'être humain. Là non plus l'être humain ne peut prétendre posséder la Vérité absolue.

Celle qu'il reconnaît à un moment donné étant toujours fonction de son propre niveau d'évolution.

Ce qu'il y a de fondamentalement important dans l'évolution nouvelle qui est en train de s'accomplir et que l'humanité ne peut ni ne doit éviter, c'est précisément la prise en considération de la Nature en tant que formulation vivante et concrète de la Volonté du Créateur. Car c'est cette attitude nouvelle qui va permettre la réconciliation de la Science et de la Religion.

Mais avant de poursuivre, il est sans doute nécessaire que nous précisions avec exactitude ce qui doit être considéré comme naturel dans ce monde qui nous entoure et aussi ce qui ne peut être considéré comme tel.

Il est bien évident que la Nature et ses lois, telles que nous les connaissons partiellement aujourd'hui, ne peuvent en aucun cas être l'œuvre des hommes. La Nature et ses lois sont l'œuvre d'une «Entité» bien supérieure à l'homme, insondable concept que, pour cette seule raison, nous désignons logiquement sous le nom de Créateur ... de la Nature.

Chacun de nous peut effectivement quotidiennement constater que l'être humain est certes capable de modeler de nouvelles formes dans la Nature, mais seulement avec des éléments préalablement existants, éléments que l'homme ne peut pas créer lui-même. L'homme n'est pas capable de créer ex-nihilo le moindre grain de poussière ; encore bien moins la plus élémentaire des cellules vivantes.

Ce que l'homme «crée», ce sont seulement des formes ou des structures nouvelles, comme cela est particulièrement facile à observer en chimie macromoléculaire par exemple où l'homme est parvenu à fabriquer une foule de matières dites plastiques, qui n'existaient pas auparavant dans la Nature.

Mais pour parvenir à fabriquer ces matières plastiques, l'homme a non seulement dû obéir aux lois de la chimie organique qui régissent la jonction des molécules, mais il a dû emprunter à la Nature ses hydrocarbures. Certes, il peut synthétiser lui-même ces hydrocarbures, mais il lui faut pour cela emprunter de nouveau à la Nature le charbon qu'il y trouve.

Bien sûr, l'homme pourrait également fabriquer du charbon! Mais pour ce faire, il lui faudrait encore une fois emprunter les matériaux et l'énergie nécessaire à la Nature. Et ainsi de suite...! Car, en réalité, de lui-même et en partant de rien, l'homme ne peut rien créer véritablement, mais seulement transformer.

Il ne peut même pas créer lui-même l'énergie avec laquelle il forme - ou déforme! - la Nature. C'est pourquoi c'est abusivement que l'on parle du génie «créateur» de l'être humain. Pour s'exprimer de façon plus exacte, il faudrait parler d'un génie formateur, transformateur ou organisateur.

Ainsi donc, les éléments que nous observons dans la Nature, existent indépendamment de notre volonté. Seuls les éléments de la Création que l'homme n'a pas modifiés par ses activités peuvent encore être désignés sous le nom de naturels. Car les autres, ceux qui portent la trace de l'«ingéniosité» de l'homme, peu importe qu'il s'agisse d'objets, d'immeubles, d'œuvres d'art, ces autres ne peuvent plus être désignés comme naturels. Ayant, en effet, été transformés par les hommes à partir d'éléments préalablement existants, ils ne conservent que très rarement les caractères naturels qu'ils avaient à l'origine. On peut donc dire de l'être humain que, s'il n'est pas un créateur, il n'en est pas moins un constructeur.

Tout ce qui est demeuré naturel, c'est-à-dire non transformé par l'homme, exprime donc la Volonté du Créateur. Car c'est sa Volonté créatrice, c'est-à-dire le Verbe divin, la Parole, l'Esprit-Saint - élément de la Tri-Unité divine - qui est l'origine de tous les mondes et de toutes les lois qui régissent immuablement les mondes et leur devenir, depuis le haut et jusqu'en bas des innombrables sphères de la création. («Il y a beaucoup de demeures dans la Maison de Mon Père.»)

Dans le monde matériel de la Création oü nous vivons en ce moment, les savants de toutes les disciplines scientifiques qui se penchent sur l'étude de la Nature pour en découvrir les lois, sont obligés de constater que, en toutes circonstances, la Nature est finalement notre maître à tous. En effet, si au cours de leurs études, et dans l'ignorance où les savants se trouvent encore, les Lois de la Nature ne sont pas respectées, les recherches qu'ils poursuivent vont inéluctablement à l'échec.

Tandis que, lorsque ces mêmes savants ont reconnu le fonctionnement des lois et qu'ils le respectent, la Nature leur apporte le succès dans leurs entreprises, permettant ainsi un épanouissement croissant de la civilisation dans le domaine des techniques.

Et c'est ainsi que la Nature est notre maître à tous, que nous soyons savants et que nous cherchions la Vérité sur le plan matériel ou, que nous soyons croyants et que nous la cherchions sur des plans qui dépassent évidemment de beaucoup le plan physique auquel se cantonne volontairement et exclusivement la science actuelle.

Or, c'est ici que réside une notion de très grande importance: si, dans le domaine des sciences matérielles, les hommes ont constaté qu'ils sont toujours obligés de se plier aux lois naturelles sous peine d'échecs cuisants dans leurs entreprises, il est évident que, dans le domaine des connaissances spirituelles, philosophiques et religieuses, il ne leur est pas encore apparu qu'ils se trouvaient exactement dans la même obligation.

Et c'est pourquoi, dans leur incompréhension des lois naturelles et divines qui régissent l'univers, les hommes ont établi des dogmes de foi qui, très souvent, vont directement à l'encontre des lois de la Nature, donc de la Volonté de Dieu. Car les Lois Divines sont des lois unitaires qui valent aussi bien pour les plus hautes sphères de la création que pour les plans physiques.

Que l'on songe en effet à la façon dont sont encore formulés les dogmes chrétiens relatifs au «Jugement dernier», à la «résurrection de la chair», à l'«Ascension du Christ» en chair et en os, à l'«Assomption de la Vierge» dans les mêmes conditions, à la «Transsubstantiation», à l'«Immaculée Conception» , etc., etc.!

C'est précisément parce que la formulation actuelle de tous ces dogmes est en opposition radicale avec la simple réalité naturelle que Dieu a faite et que chacun peut constater, que les croyants sont dans l'obligation de croire aveuglément. Et c'est précisément parce qu'ainsi formulées ces doctrines sont impossibles et incompréhensibles que l'on constate une telle désaffection des masses humaines à l'égard des conceptions religieuses. N'oublions pas, en outre, qu'une foi aveugle, c'est-à-dire sans contrôle, ouvre toute grande la porte à l'erreur.

Il apparaît en effet à juste titre aux hommes d'aujourd'hui, qu'enseignées comme elles le sont encore actuellement, ces conceptions religieuses sont opposées à toutes les réalités que les recherches scientifiques font chaque jour reconnaître comme vraies dans le monde physique.

Se détournant alors de la voie religieuse, les masses humaines se tournent vers les sciences matérielles et vers les techniques dont le succès grandissant les éloigne toujours plus des profondes réalités spirituelles, sous-jacentes à l'aspect immédiat du monde sensible.

Si les sciences matérielles progressent aujourd'hui sans interruption, c'est parce que les hommes de science obéissent - bien qu'à leur insu! - à l'injonction du Christ: «Cherchez et vous trouverez!». Tandis que les connaissances spirituelles et religieuses, du fait même qu'elles ont été stoppées par le cran d'arrêt des dogmes de foi obligatoire, imposée, croupissent de plus en plus dans la désaffection.

De l'aveu même du clergé catholique romain, 13 % seulement des fidèles pratiquent aujourd'hui à Paris leur religion de façon régulière. Encore cela n'est-il pas une garantie quant à la manière dont ils mettent leurs convictions religieuses en pratique dans leur vie quotidienne. En définitive, c'est pourtant seulement cela qui compte véritablement, puisque l'«on juge un arbre à ses fruits». Ce qui revient à dire que l'on juge de la profondeur d'une conviction au comportement de celui qui la professe.

Depuis quelques siècles, se tenant à l'écart des églises et des confessions religieuses, un nombre toujours plus grand de chercheurs se sont penchés objectivement et avec le sincère désir de comprendre sur l'étude de la Nature et de ses lois. Ces chercheurs, ce sont les savants. Plus, beaucoup plus que les chrétiens prisonniers de la lettre et des dogmes rigides qu'ils ont établis, les savants ont mis en pratique le Commandement du Christ: «Cherchez et vous trouverez!»

Aussi les découvertes scientifiques effectuées par l'intelligence humaine ont-elles progressé constamment et sans interruption. Aujourd'hui, nous sommes, de ce fait, parvenus à une phase de l'évolution de l'humanité où, si les recherches effectuées par l'esprit humain dans les connaissances spirituelles ne progressent pas au même rythme que les connaissances intellectuelles, les premières seront fatalement ébranlées et elles s'effondreront. Car l'harmonieux équilibre entre ces deux catégories fondamentales des connaissances humaines qui doivent progresser de pair, l'équilibre entre les connaissances spirituelles et intellectuelles fait défaut.

Les conséquences en seront alors inévitablement un terrible effondrement de nos civilisations, parce que l'indispensable et vivant soutien de l'esprit fait défaut à l'activité scientifique, purement intellectuelle.

Et pourtant, dans leurs recherches sur la structure de la matière, les savants en sont aujourd'hui arrivés au point où ils constatent que le monde visible qu'ils étudient se sublime, sans se heurter à une frontière, et devient invisible. Ils ont acquis la certitude d'un continuum cosmique, la certitude que d'autres mondes existent effectivement avec lesquels nous ne pouvons point communiquer physiquement, mais avec lesquels par contre, le psychisme humain semble pouvoir entretenir des rapports.

Témoin cette phrase que le professeur Stueckelberg, de la Commission à l'Énergie Atomique Suisse, a écrit dans la revue intitulée «Industries Atomiques», en Janvier 1958: «II existe d'autres univers que le nôtre, qui n'ont, pour des raisons topologiques, aucun point de contact, sauf celui que l'on peut établir par ces phénomènes de télépathie que les psychologues commencent à admettre».

Témoin encore cette phrase du physicien français Jean Charon, relevée dans la revue «Planète» (N° 8): «Pour l'homme, mieux participer à l'univers consiste essentiellement à rechercher une meilleure connaissance du Réel, à faire un effort pour communier directement avec ce Réel. Il lui faut alors se diriger vers une connaissance intuitive».

Comment ne pas comprendre en lisant de telles phrases que la science s'achemine vers l'appréhension de domaines bien supérieurs à celui dans lequel elle est restée jusqu'à ce jour étroitement enfermée. La connaissance de la Nature que les savants ne cessent actuellement de creuser dans toutes les directions de la recherche scientifique provoque, chez les plus évolués d'entre eux, une profonde transformation, non seulement dans leurs conceptions du monde, mais aussi dans leur comportement au sein de ce monde.

Voici, par exemple, ce qu'écrivit Robert Oppenheimer, le grand atomiste américain, dans le numéro 7 de la revue «Planète»: «Pour nous, hommes de science, la spécialisation est une obligation. Nul homme ne peut plus embrasser la totalité des connaissances. Celle-ci ne vit plus qu'à travers des communautés de spécialistes unissant leurs efforts».

«Nous avons entre nous de chaleureuses relations professionnelles, même si nous ne sommes pas des amis, même si un rideau de fer nous sépare. Nous nous connaissons les uns les autres et nous éprouvons de la reconnaissance pour tous ceux qui nous aident. Professionnellement, nous vivons dans une atmosphère de cordialité, d'intimité intellectuelle, de chaleur. Et  ceci nourrit en nous de grands espoirs. Notre vœu est que ces liens ainsi formés entre tous les chercheurs du monde se trouvent sans cesse renforcés: c'est la garantie de la Paix.»

Cette attitude «de cordialité, d'intimité intellectuelle, de chaleur, d'espoir» entre tous ces hommes de science, n'est-ce pas là une attitude authentiquement chrétienne? Une attitude que l'on retrouve rarement (hélas!) entre les différentes églises chrétiennes, dont l'histoire est pleine de crimes collectifs!

Or, pourquoi une telle fraternité a-t-elle pu si chaleureusement s'établir entre les savants de tous les pays - même entre ceux des pays qui sont politiquement rivaux! - sinon précisément parce que chaque homme de science cherche honnêtement et de toute son âme à reconnaître dans sa spécialité les parcelles de vérité qui s'y trouvent et qui font l'objet de son étude?

Ah! Si seulement, comme ces savants, chaque croyant ne cherchait véritablement qu'à reconnaître la Vérité, quoi qu'il lui en coûte à lui-même, quoi qu'il en coûte aux conceptions qu'il s'est lui-même forgées ou qu'on lui a inculquées dès sa plus tendre enfance, conceptions dont il est aujourd'hui le plus souvent prisonnier! Alors, comme pour les savants, la Parole du Christ « Cherchez et vous trouverez!» s'accomplirait sûrement.

Ce qui importe en ce domaine, ce n'est pas tant d'imaginer posséder la Vérité, mais c'est d'être possédé par Elle. Mais les croyants ne cherchent pas tant à trouver la Vérité, puisque chacun prétend la posséder déjà (même lorsqu'elle est en opposition avec les lois naturelles!) mais ils cherchent à prouver qu'ils ont seuls raison. Et dans cette lutte pour prouver qu'ils ont seuls raison ils ne reculèrent devant aucun moyen, pas même le fer, pas même le feu. Au Moyen-âge, on brûlait les gêneurs; aujourd'hui, non seulement on ne peut plus les brûler, mais il n'y aurait pas assez de combustible pour allumer tous les bûchers.

Jadis, les croyants d'Israël mirent même en croix au nom de l'intégrité de leur doctrine, Celui qui était venu non pour l'«abolir, mais pour l'accomplir». Aujourd'hui, bien sûr, on ne cloue plus les gêneurs en croix, mais on les cloue encore au pilori: aucune diffamation, aucune calomnie, aucune médisance, n'est trop noire pour mettre «hors d'état de nuire» un gêneur de cette sorte. Autrement dit, à un meurtre physique, on substitue aujourd'hui encore un meurtre moral. Meilleure preuve, n'est-ce pas, du peu de conscience dont font quelque fois montre ceux qui se disent croyants et défenseurs de la foi!

Mais laissons-là ce qu'il y eu de triste et de laid dans le passé, pour en revenir à ce qu'il y aura de beau et de bon dans un futur de plus en plus proche. Afin de montrer clairement la direction que prend actuellement l'évolution de l'humanité, nous voudrions encore citer quelques phrases de Robert Oppenheimer extraites de l'article déjà mentionné:

«Des phrases comme «Aime Ton prochain» ou «Connais-Toi Toi-même» ne sont pas objectives au sens où nous employons ce terme en science. Cependant, il est de première importance pour la santé d'une société et d'une culture qu'elles n'appartiennent pas à la subjectivité d'une élite, mais que ces phrases aient au contraire une signification pour tous les hommes.»

«C'est pour moi une source d'angoisse de voir s'émousser la tradition humaniste commune à toute une civilisation, à mesure que se développe le progrès scientifique et que foisonnent les problèmes nouveaux. Notre tradition commune, notre moral commun, notre « vision commune de la liberté et de la dignité humaine sont érodées par les changements qui surviennent dans les institutions, les formes de nos sociétés, par l'explosion brusque des connaissances et des techniques.»

«Je vois, par exemple, avec consternation que, lorsque nous abordons les questions relatives au développement d'un super-armement, les ressorts de notre attitude humaniste traditionnelle ne jouent plus ou presque plus.»

«Je le dis: Nous nous sommes appauvris sur les plans élevés, ceux de la spiritualité, d'où un homme tire sa vraie force et sa vraie perspicacité. Et cependant, qui de nous n'a soif de noblesse? Qui de nous n'a soif de ces paroles hautes et rares et de ces faits, plus rares encore, à travers lesquels la simplicité s'harmonise avec la vérité?»

N'est-ce pas là presque la prière d'un homme de science? Certes, le Nom de Dieu n'y est pas prononcé, car la science, comme telle, ne pourra jamais découvrir Dieu, Celui-ci régnant à des distances incommensurables, loin au-dessus du domaine matériel sur lequel sont penchés les savants. Mais ne peut-on trouver dans ces mots une ouverture d'âme et d'esprit que l'on serait quelquefois heureux de trouver chez certains croyants ?

Nous n'ignorons pas que ces réflexions vont évidemment bouleverser en de nombreux croyants des notions auxquelles beaucoup tiennent avec une foi d'autant plus acharnée et rigide qu'elle est moins compréhensible. Parce que l'on ne peut évidemment pas faire autrement que de croire avec ténacité et aveuglement à ce qui n'est absolument pas explicable.

Mais nous posons à chacun la question: en principe, à quoi donc tout croyant doit-il croire?

- Doit-il croire en la Vérité qui vient de Dieu et qui se manifeste à nous dans les Écritures et dans la Nature, à laquelle Seul Dieu peut avoir donné Ses Lois?

- Ou bien doit-il croire, envers et contre tout à ces seuls enseignements qui sont pour l'un catholique, pour l'autre protestant, pour un troisième coranique, pour un quatrième védantique, etc., etc.?

Si le catholique veut croire dur comme fer que Dieu est catholique, si le luthérien est convaincu que Dieu est protestant, le mahométan que Dieu est musulman, etc., alors nous ne chercherons à détromper personne. Car nous ne voulons absolument pas arracher aux êtres humains cette rampe que constitue leur foi, rampe à laquelle beaucoup ont pu s'agripper tant bien que mal depuis tant de siècles.

Mais c'est uniquement parce, qu'il est aujourd'hui devenu flagrant que cette forme de foi aveugle et incompréhensible ne peut plus suffire aux hommes de notre temps, que nous allons chercher ici à leur apporter les fondements d'une connaissance réfléchie, cohérente, logique et acceptable, parce qu'elle est naturelle - donc conforme à la recherche objective contemporaine - et simultanément conforme à la Vérité cosmique qui dépasse, et de loin, la multitude des confessions religieuses.

Cependant, précisément parce que nous savons que l'être humain a besoin de rester libre afin d'évoluer réellement, nous nous gardons de demander à quiconque de croire - si peu que ce soit! - à ce qu'il ne peut pas, ou ne veut pas, reconnaître.

Nous voulons seulement ouvrir des portes, nous cherchons à inciter à la réflexion. Libre à ceux que cette recherche attire de l'approfondir, ou de la rejeter. Là encore, en respectant le libre arbitre de tout être humain, nous avons conscience d'agir conformément à la Volonté de Dieu, car jamais encore la Volonté Créatrice ne s'est imposée par la force. ELLE NE S'IMPOSE QUE PAR L'ÉVIDENCE!

Quelle différence avec la façon d'agir des hommes et des institutions religieuses dont l'histoire est pleine de meurtres et de tortures, dans tous les pays du globe et depuis les temps les plus reculés! Témoin l'histoire même du Christ, qui fut victime des institutions religieuses d'Israël.

Pour conclure ce premier chapitre, nous dirons que nous savons que de telles vérités ont besoin d'être pesées et mûries avant d'être acceptées, ou rejetées. Car nous ne voulons pas être cru sur parole, mais nous cherchons à convaincre à l'aide de la lumineuse évidence de la Vérité qui nous dépasse tous.

Et pour parvenir à cette maturation qui conduit à la conviction, nous ne pouvons mieux faire que d'attirer l'attention sur une œuvre dont nous allons parler dans le prochain chapitre, recommandant à tout chercheur de la lire et de l'étudier avec calme et objectivité, avec toute l'attention nécessaire pour distinguer la Vérité.

Car elle apporte finalement à l'esprit et à l'intelligence de chacun une splendide illumination, la Lumière de la Vérité.

 

Lire la suite dans le livre: "L'Avenir de notre Evolution", par Jean Choisel:



 

Jean Choisel

"L'Avenir de notre Evolution"

 

 
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